James Thorsell

Jim Thorsell a mené des études en sciences à l’Université d’Alberta et à l’Université de Western Ontario avant de compléter un doctorat interdisciplinaire avec spécialisation en gestion des parcs à l’Université de Colombie Britannique en 1971. Il a débuté sa carrière en tant que garde-forestier au Parc national de Banff en 1962, et a travaillé comme chercheur et gestionnaire de projets au Canada avant de s’impliquer dans des projets de conservation à l’international. Il a notamment œuvré en Afrique de l’Est (Tanzanie et Kenya) avant d’entrer au siège de l’UICN en Suisse en 1983. Là, il a d’abord dirigé la Commission mondiale des aires protégées (CMAP), avant de prendre la tête du programme pour le Patrimoine mondial jusqu’en 1998. Sous sa direction, des missions sur le terrain ont été introduites en 1985 pour l’évaluation de tous les sites naturels proposés pour inscription sur la Liste du patrimoine mondial. Quelques années plus tard, le Panel du patrimoine mondial de l’UICN a également été créé pour améliorer la qualité des évaluations.

Durant sa carrière à l’UICN, Jim Thorsell a réalisé des missions au sein de plus de 600 sites protégés dans 90 pays. Dans ce contexte, il a évalué et présenté plus de 150 biens proposés pour inscription au Comité du patrimoine mondial. Par ailleurs, il est une autorité en ce qui concerne les parcs transfrontaliers, particulièrement en régions montagneuses. Il est l’auteur de plus de 300 publications portant sur la conservation de la nature et la gestion des parcs, dont World Heritage : Twenty Years Later (UICN, 1992) et World Heritage Convention: Effectiveness 1992-2002 and Lessons for Governance (UICN et Parcs Canada, 2003). En reconnaissance de son importante contribution pour la conservation des aires protégées, il a reçu le prix Fred Packard de l’UICN en 2004 et le prix Harkin de Parcs Canada en 2007.

Les extraits audio suivants sont issus d’une entrevue menée avec Jim Thorsell par Christina Cameron en août 2010 à Banff. Thorsell témoigne du rôle de premier plan qu’il a joué dans les activités patrimoine mondial de l’UICN durant près de vingt ans et observe l’évolution de la Convention au long de sa carrière. À cet égard, il déplore particulièrement les conséquences de la politisation grandissante du Comité sur la crédibilité et la qualité de la Liste du patrimoine mondial. Il reste néanmoins convaincu de l’impact positif de la Convention sur la conservation de nombreux sites naturels.