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L’architecture de paysage et la conservation au Canada : un aperçu historique 

Ron Williams  
Professeur titulaire (retraité), École d’architecture de paysage
Faculté de l’aménagement, Université de Montréal

Certains des paysages patrimoniaux du Canada sont universellement admirés et sont considérés aujourd’hui comme des icônes; mais d’autres restent sous-appréciés et certains sont même en danger, dû principalement aux changements sociaux et économiques auxquels notre société est confrontée. En réponse à ces défis, différentes stratégies visant à préserver et protéger ces paysages ont émergé durant les dernières décennies. L’une des plus authentiques consiste dans la propriété ou la gestion d’un site à long terme, assurant une continuité des usages, des pratiques d’entretien et des choix de matériaux et de vocabulaires de design, comme au monastère des Ursulines à Québec. La conversion de paysages désuets afin d’accommoder de nouvelles clientèles et activités, tout en gardant l’essentiel de leur caractère et de leur configuration originale, constitue aussi une stratégie valable, telle qu’observée à l’île Granville à Vancouver. La muséification, pratiquée entre autres au poste de traite de fourrure à Lower Fort Garry à Winnipeg, est souvent une approche efficace. Quelquefois, comme à la forteresse de Louisbourg au Cap Breton, la reconstruction complète de paysages historiques disparus est appropriée; plus souvent, dans le cas d’aménagements existants mais endommagés, la revitalisation est suffisante, comme au domaine Cataraqui à Québec. Ces différentes stratégies n’ont pas mis entièrement fin à la destruction des paysages historiques et un nombre considérable de sites se trouvent aujourd’hui au centre de discussions entre conservation et développement inapproprié.